J’ai passé l’âge de rentrer tard deux soirs de suite ! Je l’avais oublié, mais à 46 ans, on se remet pas aussi vite
qu’avant.
Tout a commencé bien sagement par une soirée au théâtre des treize vents, à Montpellier, vendredi soir : Victor Bâton. Avec
mon homme, on est sortis de là scotchés, rien à dire, c’est dire que ça nous a plu, on est plus enclins à critiquer qu’à louanger, en général !
Et puis là, l’idée lumineuse : « il travaille, ton fils, demain ? On pourrait passer le voir, si tu
veux ? » Un petit coup de fil, il est 22h30, et direction l’appart du fiston. Il est avec des copains, ils fêtent un anniversaire, ils en sont au café, on est les
bienvenus.
De café en banane flambée, via une partie de tarot pas très orthodoxe, sans oublier les moments de défoulement genre danse à
tour de rôle sur la table du salon cirée le matin même (les participants sont bien imbibés), avec en toile de fond le grand écran qui passe des clips des années soixante, on est rentrés à 2h du
mat…Il faut dire qu’on avait affaire à de gais lurons, comprenne qui voudra. Ca volait pas toujours très haut, mais je vous jure, ça fait vachement du bien de se défouler de temps en temps. On
oublie son âge, d’ailleurs celui qui fêtait son aniv a le même âge que moi, et il me dit gentiment : « alors ça y est, on est passés de l’autre côté… » « Toi peut-être, mon
vieux, mais moi je reste de ce côté ci, du moins en âge mental ! Après, les rides et les douleurs diverses et variées, on va faire avec, mais ça empêchera pas de continuer à faire
l’andouille le plus longtemps possible, non mais, saïque noun !
Je vous passe le réveil légèrement vaseux samedi matin. FLo vous dira que j’étais très sexy dans ma robe de chambre genre
nounours, à 11h30. Bref, j’ai passé la journée à traîner de l’ordi au canapé. Parce que le soir, rebelote ! Invitation chez des potes dans un village voisin. On s’était filé rencart à la
maison à 20h avec une copine, mon homme n’est pas venu, gastro et bronchite, c’était trop pour lui.
Je pensais faire juste une apparition et rentrer me coucher, mais manque de bol, l’ambiance était super, et y’avait une ancienne
copine de la Fanfare à mains nue… Je ne connaissais presque personne d’autre, mais je me lie vite, alors je n’ai pas vu le temps passer : à 3h du mat, on était encore en train de taper le
bœuf. Moi je faisais sagement la choriste, loin du micro, j’ai la voix qui porte suffisamment ! Mais j’ai encore mal au coude d’avoir secoué l’oeuf en rythme pendant plus de 2 heures pour
marquer la mesure… Kévin, qui a une voix grave magnifique, Lionel, pro de l’impro, koh-koh et Coco avec leur super répertoire, François, pété comme
quatre, mais qui tenait à nous faire savoir qu’il aime chanter…Bref, on s’est pas ennuyés.
J’en ai même oublié ce type, imbibé, qui me montre du doigt en parlant à son voisin : je m’approche, curieuse, il me fait
une grande déclaration comme quoi je suis merveilleuse, extraordinaire, en me caressant la main et un peu le reste, jusqu’à me proposer 30 mn après un chèque d’un million d’euros pour le suivre
sur son bateau et quitter mon mari…On avait déjà essayé de m’échanger contre 15 chameaux, mais mon père a refusé à l’époque ! Je sais pas si j’aurais pas un tout petit peu réfléchi si le
type avait été moins vieux et plus, comment dire, avenant… Mais la proposition d’un ivrogne peut-elle être prise au sérieux ? Et s’il avait vraiment cette somme à la banque ? Mince,
j’ai peut-être raté l’occase de ma vie… zut, crute et flotte, dirait quelqu’un que je connais bien, et qui se reconnaîtra.
J’ai réussi à lui échapper en allant me resservir un verre, et puis je l’ai consciencieusement ignoré le reste de la soirée,
idem pour son pote, qui a dragué ensuite une jeunette beaucoup plus mince et jolie que moi, comme quoi, hein ?...
Rentée saine et sauve à la maison à presque 4 h du mat, j’ai raconté la soirée à mon homme, qui s’était endormi sur le canapé en
m’attendant, et suis sagement allée me coucher dans un lit glacé.
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