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Lundi 17 mars 2008


Quand j’étais petite, j’avais un grand-oncle et une grand-tante maternels qui étaient maraîchers. Quand on venait en vacances en France, j’aimais aller les voir aux halles, parce qu’ils me donnaient en cachette des carambars. Ils avaient leur place attitrée à l’extérieur, juste devant une des quatre entrées. Ils travaillaient à l’ancienne, et traversaient toute la ville avec leur immense charrette à bras. C’était à chaque fois un exercice périlleux, parce qu’ils habitaient le haut de la ville, et leur rue était très pentue.

 

Tonton Joseph avait une dégaine pas possible, le mégot de papier maïs jaune vissé au bec en permanence, le litron de rouge jamais très loin. C’était pas un tendre. Il était cousin germain avec tata Jeanne, sa femme. La peau tannée par le soleil, ronde de bas en haut, le chignon serré bas sur la nuque, elle était femme de tête, et ne s’en laissait conter par personne. Surtout pas par son cousin de mari. Ils ont eu une fille unique, Josette.

 

Josette est restée vieille fille. Pas par choix. Ses parents ne l’ont jamais laissée se marier. Ils avaient trop besoin d’elle pour le travail, et n’avaient pas les moyens de payer un employé. Josette s’est donc soumise.

 

Une fois adulte, elle a fait gantière, comme beaucoup de femmes chez elle. Sa ville était à l’époque la capitale du gant, la môme Piaf y achetait les siens, c’est dire…

 

Josette est ma marraine. On s’est jamais vraiment beaucoup fréquentées, sauf depuis que j’habite dans le sud. Quand je vais voir mes parents, je fais un petit saut chez elle. Elle est vieille, malade, à moitié impotente, et m’a demandé d’être son exécuteur testamentaire il y a deux ans, quand elle croyait qu’elle mourrait pendant son opération du cancer du sein pris très tardivement. Elle était persuadée que son cœur la lâcherait. Elle voulait partir en ayant tout en organisé pour après. Mais comme elle le dit si bien, la mauvaise herbe, c’est résistant. Elle est toujours là. Elle passe de son lit au fauteuil qui est devant la fenêtre. Elle voit ce qui se passe dans la rue. Ses copines viennent lui rendre visite, ses cousines germaines aussi, dont ma mère, qui lui sort les poubelles le dimanche soir.

 

Elle semble immuable et éternelle. Comme la charrette à bras de ses parents, qui est toujours là. Mais dans la cave, elle. 


 

 

par Domi publié dans : j'écris communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Lundi 17 mars 2008


Les dés sont lancés, ils ont désigné le maire sortant, qui est réélu avec l’ensemble de sa liste, contrairement à la dernière fois, où il avait cinq conseillers d’opposition qui étaient passés.

 

Les deux listes d’opposition qui se présentaient au premier tour et qui ont fusionné au deuxième n’ont pas fait le poids. Le premier de leur liste a quarante voix de moins que le dernier de la liste gagnante. Le monsieur qui se présentait tout seul n’était pas au deuxième tour, malgré le nombre de voix importantes qu’il a eues au premier tour. Les avis divergent quant à sa non présence…

 

La moitié du village est contente, l’autre est en deuil, comme dans tous les villages. Ou vice et versa.

 

Et puis il y a ceux qui attendent de voir…

 

P.S. : Les colistiers qui m’ont insultée sur ce blog ne siègeront donc pas à la mairie.

P.S. bis : Ca a castagné dans la salle de vote vers 21h hier soir, m'a-t-on dit, et ça a continué plus tard dans le village. Les flics seraient intervenus... Tout va bien, il paraît qu'ailleurs ça a été pire !

par Domi publié dans : de tout de rien communauté : Chieuses et fières de l'être!
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Samedi 15 mars 2008


Poème envoyé par ZAZOU sur mon post pouvoir d'achat


Vacances en croisière sur un majestueux yacht
C'est la moindre des choses quand on est de la haute
Quand on est au sommet, enivré d'altitude
Symptôme déclaré: la bling bling attitude.

Monsieur avait promis pouvoir d'achat en hausse
Nous avions mal compris comme à notre habitude
Il s'agissait du sien maigrichon comme un os
Cent quarante pour cent: la bling bling attitude.

Sur les papiers glacés, divorce médiatique
Et rancoeurs balancées en pâture au public
Pension alimentaire prix de la solitude
Quelques milliers d'euros: la bling bling attitude.

Une belle italienne dévergondant les prudes
Vint à passer par là garnie de ses rollex
Enfin un peu de stupre, de luxure et de sexe
Un amour disney land: la bling bling attitude.

Ce clinquant, ce brillant sont jetés aux figures
Des petits salariés aux fins de mois si rudes
Pour eux pas de ray ban et pas de fioritures
Loin des déconnectés: no bling bling attitude.

par Domi publié dans : je râle communauté : Les Blogs Sarkostique
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Vendredi 14 mars 2008


J’avais juré de ne plus aller au marché avec mon homme, il dépense trop de sous ! Alors je l’ai emmené aux puces : la cruche ! Il a dépensé tout autant. Et que je te prenne un petit machin en cuivre, et que je t’achète un moyen bidule en truc, et un machin en chose…

 

Pour se faire pardonner, il m’a emmené voir le cri du rocher qui se les gèle, et puis un champs de mamans mêêê et de bébés bêêê, et puis encore un autre de meuhhh, qui tous avaient l’air de se les geler autant que le rocher.

 

Et puis au détour d’un rond-point complètement abscons, vision monumentesque : il pleut du coucher de soleil à travers une armée de nuages gris acier en ordre de bataille qui barrent l’occident !

 

On accélère, l’armée nous poursuit, poussée par le vent : je crains le pire.

 

Ouf, à peine passée la pancarte : Languedoc-Roussillon, le soleil prend le dessus, dans lequel se dissout la méchante barre.

 

Eh, c’est qu’il faut pas déconner avec ça chez nous, hein ! On a quand même une réputation à défendre, nous…

 

par Domi publié dans : pérégrinations communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Jeudi 13 mars 2008


dimanche 9 mars 2008, vue de la fenêtre de mon salon au réveil


Copie-de-2008_03080005.JPG

c'est-y pas beau ?

photo de hervé

par Domi publié dans : de tout de rien communauté : R42,
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Mercredi 12 mars 2008

Il est un pays en Afrique noire, où la future mariée doit valoir son pesant de… graisse !

 

Après avoir été choisie par le frère du fiancé, la fiancée doit aller dans la case d’engraissement, en vue de prendre un maximum de poids. C’est le nombre de vergetures qui détermine que l’engraissement a bien eu lieu.

 

La mère, et à défaut la tante, donne les conseils à la future épousée : ne réponds jamais à ton mari, laisse-toi faire s’il veut faire l’amour, et soumets-toi s’il te bat. Tu ne dois jamais le contrarier, et lui obéir en tout. Tu ne voudrais pas que ton père soit obligé de rendre les vaches que ton mari a offertes pour t’avoir ?

 

Deux jours avant le mariage, autre coutume ancestrale : les fiancés, avec comme chaperon le frère du fiancé et la tante de la fiancée, vont faire la visite prénuptiale auprès du prêtre. C’est ce dernier, et lui seul, qui a pour charge d’instruire les futurs mariés concernant la sexualité.

 

Le premier jour des festivités, dans le village de la famille de la fiancée, si la famille du fiancé arrive en retard, il doit donner cinq vaches supplémentaires ainsi que leurs veaux. Imaginez un peu le stress ! Surtout qu’en Afrique, la ponctualité n’est pas la qualité principale.

 

Les hommes festoient à l’extérieur, tandis que les femmes attendent à l’intérieur. Puis les femmes sortent. La fiancée ne doit pas être reconnue, donc tout un groupe de femmes sort voilé. Commencent les discours, qui durent plusieurs heures. Chacun peut prendre la parole. Un conteur intervient, qui parle de la femme comme d’une vache, puisque c’est ce qui a le plus de valeur à leurs yeux. C’est la tradition. La famille du marié exige ensuite que la dot de la fiancée soit étalée, afin de vérifier qu’elle n’est pas grugée par rapport à ce qui a été promis.

 

Le lendemain, le mariage proprement dit a lieu à l’église. La mariée n’a toujours pas croisé le regard de son époux. Vient le moment de franchir le pas de la case que le marié a fait construire spécialement pour son couple. Les sœurs de la mariée font barrage, et le marié doit les convaincre de les laisser entrer. Là encore, le nombre de vaches échangées est mis en jeu.

 

Une fois toute la famille partie de la case…. Le reportage, pudiquement, ne reprend que quelques jours plus tard. Le marié est souriant, même s’il nous dit que sa femme a peur de lui et refuse de faire l’amour. Il est ravi qu’elle ait grossi, mais accepterait qu’elle prenne encore trente, quarante, voire quatre-vingt-dix kilos, nous confie-t-il avec son plus beau sourire. La future mariée va donc encore passer quelques mois dans la case d’engraissement, afin de plaire à son époux…

 

Je suis née en Afrique noire, et la case d’engraissement, j’y suis passée, mais pas pour plaire à mon mari. C’est surtout quand j’ai arrêté de fumer que j’ai commencé à la fréquenter. Mais la case de la soumission aveugle, c’est pas demain la veille que je vais y entrer. Foi de Domi !

 

par Domi publié dans : de tout de rien communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 11 mars 2008

                     Décembre 2007                                    mars 2008

Fromage de brebis :    2,30                                                 2,53

Pâtes :                      0,89                                                 1,06

Yaourt soja :              1,69                                                 1,81

Blanc de poulet :         8,80                                                 9,60

Essuie-tout :              1,70                                                 2,50

Café soluble :             6,06                                                 6,68

Essence : …..

 

Bon, je ne vais pas vous faire la liste de tous les produits de base qui ont largement augmenté. Mais quand j’entends dimanche soir Rachida Dati affirmer la tête haute, que le chef de l’état a tenu ses promesses électorales, et que le pouvoir d’achat des français a augmenté en Sarkosie, là je dis STOP !

 

Le sien, sûrement, a dû augmenter, celui de son patron aussi. Mais ni le mien, ni celui des gens qui m’entourent ne s’est amélioré. Au contraire. Et ce ne sont pas les six millions d’heures sup travaillées qui y changeront quelque chose. Ce qu’on demande, ça n’est pas de s’échiner encore plus au travail. On demande simplement à pouvoir vivre décemment en travaillant normalement.

 

Le temps des soixante dix heures est dépassé. Les enfants ne travaillent plus à partir de dix ans. Du moins dans les pays développés. Qu’on ne nous fasse pas revenir en arrière. Si les patrons veulent qu’on soit efficaces au travail, il faut qu’on puisse profiter pleinement de nos jours de repos. Et pas avoir à racheter nos RTT parce qu’on n’arrive pas à payer le crédit de la voiture.

 

Quand ce n’est pas le crédit pour pouvoir manger. Tout simplement.


par Domi publié dans : je râle communauté : Les Blogs Sarkostique
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Lundi 10 mars 2008

 

 

Le premier service dans lequel j’ai bossé en tant qu’aide soignante est un long séjour. Unité fermée, 20 patients, alzheimers, parkinsoniens, déments séniles. Quelques hommes, surtout des femmes. L’unité était dirigée à l’époque par Marie-Annick. Un petit bout de femme extraordinaire. Je n’ai su qu'elle était religieuse que par hasard, elle ne l’affichait pas. C’est une femme qui vivait en colocation avec d’autres religieuses de sa congrégation dans une HLM d’un quartier défavorisé. Avec vue sur la prison.

 

Dans cette unité, on pouvait faire des projets. Il fallait les mettre par écrit, fixer l’objectif, et les déposer deux semaines à l’avance.

 

Alors avec Xavier, l’animateur qui faisait là son service militaire en tant qu’objecteur de conscience, Domi, l’interne du service, et Géraldine, une autre aide-soignante, on a organisé un repas thérapeutique à la maison. Chez moi. Sur un jour de congé, bien sûr, pour ne pas désorganiser le service. Tout est parti d’une dame qui réclamait tous les jours de manger des frites. Et des moules. On a trouvé deux autres patients qui aimaient aussi les moules frites, et c’était parti.

 

Le matin du grand jour, on les emmène avec la camionnette aménagée du service. Direction le marché. On fait les courses tous ensemble. Puis la maison. Avec les trois fauteuils roulants. J’habitais au rez-de-chaussée, juste trois petites marches. Facile de porter les fauteuils roulants.

 

On se prépare le repas en prenant l’apéro, le gâteau au chocolat cuit dans le four. Les patients nous racontent plein d’anecdotes qui leur remontent du fin fond de leur mémoire à trous. Le fait d’être "à la maison" leur redonne une gaîté et une présence inhabituelles.

 

Dans l’après-midi, on a fait une balade en forêt, le chemin des dames qu’il s’appelait, le sentier. On a fait des photos.

 

Je les regarde souvent, quand je feuillette mes albums. Je sais que mademoiselle E., qui rêvait de frites, en a gardé longtemps quelques unes accrochées au mur dans sa chambre. Elle n’a parlé que de ça pendant de longues semaines. Pour monsieur P., il était bien trop avancé dans sa maladie pour s’en souvenir, mais sur le moment, il a bien apprécié, et a rarement mangé aussi proprement.

 

Ce qui m’agace aujourd’hui, c’est que je ne me souviens plus du nom de la troisième personne. Je sais sa pathologie, je sais qu’elle s’est souvenue longtemps de cette journée, mais j’ai perdu son nom et son prénom.

 

Et si c’était moi qui devenais alzheimer ? Ou sénile ? 

 

par Domi publié dans : au boulot communauté : Plaisirs d'écrire
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Dimanche 9 mars 2008

8h30 : a voté ! 

Voilà, ça, c'est fait ! Peux maintenant aller profiter de ma journée... vous raconterai. Espère de tout coeur que la vôtre sera belle.
 

 

par Domi publié dans : de tout de rien communauté : Chieuses et fières de l'être!
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Samedi 8 mars 2008


Dis, chérie, tu vas faire la gueule longtemps ?



insolite26.JPG


Photo prise ce matin au marché. Je n'ai pas pu résister...


par Domi publié dans : de tout de rien communauté : LES COPAINS D'ABORD
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