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Jeudi 28 février 2008

J’ai un souvenir extrêmement précis dans ma mémoire, c’est le moment où mon fils aîné a pointé le bout de son nez.

 

Je vous plante le tableau: Avec son père, on habite au cinquième sans ascenseur, dans des chambres de bonnes disséminées le long d'un couloir qui dessert les greniers de l’immeuble. C’est pas Cosette, loin s’en faut, mais c’est pas non plus le Pérou.

 

Un soir vers vingt heures, une dizaine de jours avant la date prévue, je perds les eaux, et j’ai des contractions. Le gynéco me dit d’aller sans attendre à la clinique, ce que je fais dare-dare, accompagnée du géniteur.

 

Accueil plus que méfiant des sages-femmes, qui ont une grande habitude des primo-parturientes. Installation avec monitoring… RAS, chère madame, c’est pas encore le moment, vous pouvez rentrer chez vous, le travail n’a pas commencé.

 

Le blème, c’est que je refuse de rentrer chez moi et de me taper les cinq étages. Je déclare que je reste, et qu’elles n’ont qu’à m’installer dans un coin. Après moult palabres, on me met en cinquième lit dans une chambre de quatre. C’est tout ce qu’on a à vous offrir, mais vous n’accoucherez pas aujourd’hui madame, vous êtes loin du compte. Il est deux heures du mat, le futur papa travaille le lendemain, il rentre se coltiner ses étages. Et moi je compte les contractions, et leur intensité.

 

Ma sœur qui habite à une cinquantaine de kilomètres de là me rejoint le matin, et me tient patiemment la main, tandis que les contractions-qui-ne-font-pas-de-travail continuent, et me tordent de douleur. Midi, rien en vue. Deux heures, rien en vue. Trois heures et demie, ma sœur toujours à me tenir la main, je ressemble à un asticot qui se tortille, sous les coups de poignard de mon utérus en folie. L’aspirant père pointe le bout de son nez au sortir du boulot… et c’est là qu’enfin les choses se dénouent. A croire que le petit attendait l’arrivée de son père !

 

Table d’accouchement, l’homme me tient la main et n’en mène pas large. Antépénultième respirez… poussez ! Puis le dernier… et j’en vois un à côté de moi qui est tellement ému qu’il n’arrive pas à prendre LA photo de la naissance. Je lui arrache l’appareil des mains, et tout en poussant une dernière fois, j’immortalise la venue au monde de MON fils. Comme j’avais demandé à avoir un miroir en face de moi pour voir ce qui se passait, j’ai une superbe photo de Pierre – alias Valentine -pour ceux qui ont suivi l’épisode de la Saint Valentin – au moment où il est déjà dehors mais encore un peu dedans.

 

Deux heures plus tard, après avoir gazouillé en salle de naissance avec mon strumpf, qui ressemble à un Biafrais avec un grain de riz coincé en travers des joues, je me dirige vers ma chambre avec mon amour-à-moi dans les bras, et lance: à dans deux ans ! aux sages-femmes ébahies…

 

Deux ans après, j’étais de retour, mais en mère aguerrie, j’ai expédié la chose en trente minutes-chrono, le médecin accoucheur n’a pas eu le temps d’arriver.

 

par Domi publié dans : de tout de rien communauté : Chieuses et fières de l'être!
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