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Mercredi 9 avril 2008



Victorine

 m'a mis un très joli comm sur mon texte de l'exercice 36 d'écriture ludique. Je ne résiste pas au plaisir de le mettre en post.



Boire avec avidité, dans la souffrance, pas décemment, et même avec violence, pour oublier.

Savoir danser instinctivement, innocemment, les pieds nus dans une ruelle avec un amour de passage en profitant de l'errance d'un soir dans une nuit d'été, peut-être...

Comme dans l'enfance, savoir rire pour rien, empiriquement, égoïstement, juste pour le plaisir, sans peur de décevoir; et peut importe la mouvance et le milieu dans lequel on vit.

Ce n'est pas toujours vrai qu'il faut donner pour recevoir.
  




          
par Domi publié dans : j'écris communauté : Ecriture Ludique
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Lundi 7 avril 2008


Utiliser 15 mots imposés dans un texte.

 

La fête se déroulait bien. La foule des invités avait commencé à boire, à danser.

Il ne pouvait décemment pas, malgré la violence qui le taraudait, laisser sa profonde souffrance  prendre le dessus.  Instinctivement, ses mâchoires se serrèrent. Il ne voulait pas la décevoir, il se forcerait à rire quoiqu’il advienne.

Egoïstement, il avait cru, par ce mariage, pouvoir mettre fin empiriquement à l’errance qui était son lot depuis sa plus tendre enfance. Elle l’avait innocemment séduit, femme fleur qui avait su le recevoir tel qu’il était, malgré l’éternelle mouvance de son caractère…


 

par Domi publié dans : j'écris communauté : Ecriture Ludique
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Vendredi 4 avril 2008


Un orage éclate, aussi soudain que brutal. Le bruit sur le toit de la voiture est inhabituel, et m’incite à ralentir. Je tends l’oreille, inquiète, car le bruit se rapproche, comme s’il pleuvait à l’intérieur. D’ailleurs je sens de l’humidité sur ma nuque. Je lève les yeux. Stupeur !

 

 Des trous dans le toit de ma Simca 1000. Et du chocolat qui me dégouline dessus. Il pleut des œufs en chocolat. De plus en plus fort. Les trous s’agrandissent dans le toit de la voiture, le chocolat, liquéfié par la moiteur ambiante, se répand sur mon corps, éclabousse mes mains sur le volant, opacifie mes lunettes. Je me gare le long du trottoir. La pluie redouble, je suis entièrement recouverte de chocolat. La panique commence à m’envahir, quand on toque à la vitre.

 

Deux flics.

 

Je baisse la vitre. Ils me regardent ébahis, s’emparent de mes doigts, commencent à les lécher timidement. Ils semblent trouver le chocolat à leur goût. Ils me font sortir du véhicule. L’un me lèche le visage, consciencieusement, l’autre défait ma jupe qu’il m’enlève, et la suce méthodiquement. Les passants commencent à s’attrouper. Un jeune homme s’enhardit et s’empare de mes lunettes, qu’il nettoie d’une langue gloutonne. Un autre arrache mon gilet, et le déguste, caché dans un recoin. La foule, maintenant compacte, prend d’assaut ma voiture, et la nettoie en deux tours de langue. Les derniers arrivés finissent de me déshabiller, je me retrouve en combinaison.

 

La pluie a cessé dès l’arrivée des deux flics. Curieusement. Chaque vêtement m’est rendu, propre. Plus une once de chocolat. Je remets mes lunettes, me rhabille, et reprend le volant. Sur le chemin jusqu’à la maison, les feux tricolores me font de l’œil, les femmes sur les affiches publicitaires m’insultent, les peluches dans la vitrine du magasin  de jouets me saluent au garde à vous. Les chiens aux intersections marquent l’arrêt, leurs maîtres pissent le long des trottoirs. Les grands-mères jouent à la marelle, les landaus slaloment entre les voitures.

 

Ouf ! Je suis arrivée. Je rentre dans la première pièce sur la gauche. Une table, une chaise qui me tourne le dos.

 

-          Bonjour, vous savez pourquoi vous êtes ici ? Me demande très doucement un type en blouse blanche…

 
Pour la petite fabrique d'écriture. Thème : démesure, farce, galéjade...

par Domi publié dans : j'écris communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Vendredi 4 avril 2008

Ma participation au carnaval des blogs médicaux, sur le thème : les médicaments. 

Les médicaments, je vis avec depuis maintenant quinze ans.

 

Neuroleptiques, antidépresseurs, régulateurs de l’humeur, somnifères, anxiolytiques, antalgiques, correcteurs… J’ai bossé huit ans en psychiatrie adulte. J’ai vu tellement de traitements qui marchaient un temps, puis qui ne marchaient plus, d’effets secondaires terrifiants… de labos qui passaient en nous vantant telle ou telle molécule, puis qui repassaient six mois après en nous vantant telle autre… d’où changement de prescription chez le patient…

 

Maintenant, je travaille avec les personnes âgées, et rebelote ! Neuroleptiques, sédatifs, etc… la farandole des médocs continue.

 

Alors les médicaments, je les évite si possible, comme la peste et le choléra. Un bon citron chaud avec du miel pour des maux de gorge, du thym pour la voix et la toux, du gingembre pour un coup de mou… et du chocolat pour le moral !



par Domi publié dans : j'écris communauté : Ecriture Ludique
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Dimanche 23 mars 2008



Il marche en pantoufles le long de cette allée piétonne, l’œil perdu dans le vague, à petits pas, mécaniquement. De temps en temps, il s’arrête, regarde autour de lui, longuement, comme s’il avait beaucoup de temps à perdre. Puis il repart, et semble reprendre le compte perdu de ses pas. Personne à perte de vue, mais cela n’a pas l’air de lui faire perdre son sang froid. Il semble indifférent à tout, comme s’il avait perdu toutes ses illusions. A force de se hâter lentement, l’homme arrive au centre ville. Perdu dans la foule, il est beaucoup moins visible. Les gens ne font pas attention à lui, ils n’ont pas de temps à perdre à regarder les autres. Il continue sa marche inexorable, éperdue, bien qu’apparemment sans but. Et soudain il s’arrête, ouvre le portillon d’une maison bourgeoise, traverse le jardinet, et toque violemment à la porte. Une femme d’une trentaine d’années ouvre la porte.

 

-         Maman ! lui dit-il en souriant, les bras ballants.

 

La femme, interloquée devant ce vieil homme en manteau de femme à col de fourrure, est sur le point de perdre le peu d’humour qu’elle a en général, quand elle aperçoit autour du cou la plaque sur laquelle est gravée :

 

Je suis atteint de la maladie d’Alzheimer, si vous me trouvez, merci de me ramener à la maison de retraite Le Bois Fleuri, d’où je me suis enfui.





 

par Domi publié dans : j'écris communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Vendredi 21 mars 2008

Il relevait d’une opération des amygdales, et malgré un état cacochyme, il se leva quand il entendit la sonnette tintinnabuler. C’était le distributeur de journaux qui lui faisait signe qu’il venait de déposer son quotidien favori sur la table de la véranda.

 

Les gros titres faisaient la part belle à Bush, et son instrumentalisation des évènements en Irak. Une grande exposition sur l’indianisme ouvrait ses portes à Toulouse. Les pontonniers étaient toujours en grève en grande Camargue. Le bonneteau faisait les beaux jours des trottoirs parisiens autour de Montmartre, les touristes se faisaient éternellement avoir. Des scientifiques tentaient d’abâtardir les pit-bulls afin que cessent les attaques contrent les humains.

 

Mais lui, ce qui l’intéressait, c’étaient les mots croisés. Son regard concupiscent se posa très vite sur la grille du jour. Il ne fut pas déçu. C’était une grille spéciale. Il s’agissait de trouver des néologismes créés spécialement pour l’occasion. Ca allait être dur. Mais « peu me chaut ! » s’écria-t-il intérieurement, « les fielleux ploutocrates n’auront pas raison de moi ».

 

Il y passa la journée, et le début de la soirée, mais il réussit à terminer la grille. Il n’était pas peu fier. Son imagination avait tourné à plein régime, mais il avait trouvé entre autres :

 

-         Souplétitude : permet de s’adapter à toutes les situations.

-         Vélititude : savoir prendre le vent.

-         Bésétitude : se faire avoir en permanence.

-         Muratitude : dans sa tour d’ivoire.

-         Esprintger : éponger les esprits.

-         Caméladade : circuit filmé.

-         Zamourons : fin d’aventure.

 

 

Texte écrit à partir des mots donnés par : Hicham, Ginette, Pandora, Do, Ulysse, Planet-taka-yaka, aime-paix.

 

 

 

 

par Domi publié dans : j'écris communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Mardi 18 mars 2008

Pour la petite fabrique d'écriture. Thème : la gare

 


La semaine, je suis invisible. Personne ne me regarde, personne ne fait attention à moi. On m’évite même.

 

Je suis balayeur. Dans une gare.

 

Je suis le parfait représentant de celui qu’on ne regarde jamais, qui se fond dans le paysage quotidien, qui est invisible, malgré mon costume vert pomme et mon gilet fluorescent gris.

 

Les gens me dépassent, me croisent, et personne n’est capable de dire si j’étais là ou pas, si j’ai balayé les quais en plein vent, ou les halls bondés, ou les couloirs où les couples s’embrassent, dans des adieux déchirants, ou des retrouvailles émotionnantes.

 

Le Week-end, on ne regarde que moi, on ne voit que moi. Toujours dans cette gare. Mais personne ne sait que c’est moi. Je suis le centre d’intérêt de toute cette population qui ne fait que passer. Ma présence supplante toutes les tragédies ou tous les bonheurs qui peuvent se produire. Chaque voyageur qui pénètre dans le hall de la gare se souvient de moi, en parle inévitablement à la personne qu’elle va rejoindre. J’alimente les conversations, je fais mon show, je donne du bonheur, j’assure l’animation malgré moi.

 

Le Week-end, je suis prostitué. Travesti. Dans ma gare.

 

 

par Domi publié dans : j'écris communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 17 mars 2008


Quand j’étais petite, j’avais un grand-oncle et une grand-tante maternels qui étaient maraîchers. Quand on venait en vacances en France, j’aimais aller les voir aux halles, parce qu’ils me donnaient en cachette des carambars. Ils avaient leur place attitrée à l’extérieur, juste devant une des quatre entrées. Ils travaillaient à l’ancienne, et traversaient toute la ville avec leur immense charrette à bras. C’était à chaque fois un exercice périlleux, parce qu’ils habitaient le haut de la ville, et leur rue était très pentue.

 

Tonton Joseph avait une dégaine pas possible, le mégot de papier maïs jaune vissé au bec en permanence, le litron de rouge jamais très loin. C’était pas un tendre. Il était cousin germain avec tata Jeanne, sa femme. La peau tannée par le soleil, ronde de bas en haut, le chignon serré bas sur la nuque, elle était femme de tête, et ne s’en laissait conter par personne. Surtout pas par son cousin de mari. Ils ont eu une fille unique, Josette.

 

Josette est restée vieille fille. Pas par choix. Ses parents ne l’ont jamais laissée se marier. Ils avaient trop besoin d’elle pour le travail, et n’avaient pas les moyens de payer un employé. Josette s’est donc soumise.

 

Une fois adulte, elle a fait gantière, comme beaucoup de femmes chez elle. Sa ville était à l’époque la capitale du gant, la môme Piaf y achetait les siens, c’est dire…

 

Josette est ma marraine. On s’est jamais vraiment beaucoup fréquentées, sauf depuis que j’habite dans le sud. Quand je vais voir mes parents, je fais un petit saut chez elle. Elle est vieille, malade, à moitié impotente, et m’a demandé d’être son exécuteur testamentaire il y a deux ans, quand elle croyait qu’elle mourrait pendant son opération du cancer du sein pris très tardivement. Elle était persuadée que son cœur la lâcherait. Elle voulait partir en ayant tout en organisé pour après. Mais comme elle le dit si bien, la mauvaise herbe, c’est résistant. Elle est toujours là. Elle passe de son lit au fauteuil qui est devant la fenêtre. Elle voit ce qui se passe dans la rue. Ses copines viennent lui rendre visite, ses cousines germaines aussi, dont ma mère, qui lui sort les poubelles le dimanche soir.

 

Elle semble immuable et éternelle. Comme la charrette à bras de ses parents, qui est toujours là. Mais dans la cave, elle. 


 

 

par Domi publié dans : j'écris communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Jeudi 14 février 2008


T’as vu ? Il m’a offert un diamant… il m’aime !

Je ne suis pas une preuve d’amour, ma cocotte, je suis un investissement. Tu crois que c’est pour tes beaux yeux qu’on m’a poli, poncé, taillé en facettes, monté en bague ? Ou en Broche ? Ou en pendentif ? Ou en boucle d’oreille ?

L’homme qui m’a choisi pour toi a des idées très précises me concernant. Et te concernant par la même occasion. Toi tu te pavaneras de mes mille feux, et lui se pavanera avec toi à son bras. Il fera de toi sa chose, comme moi je suis devenu la tienne.

Je ne suis qu’un échange de bons procédés. Je te pare pour qu’il s’empare de toi. Et toi tu es consentante. Devant tant de bonté, tu deviens toute molle, soumise. Le mot OUI devient ton mot préféré, tu ne sais plus rien lui refuser.


par Domi publié dans : j'écris communauté : Ecriture Ludique
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Lundi 11 février 2008


" Si tu veux être apprécié, meurs ou voyage. "

 
Proverbe Persan


Vous avez déjà dû constater comme moi que la mort magnifie les êtres. Le panthéon et les cimetières regorgent de plaques qualifiant les morts d’adjectifs tous plus dithyrambiques les uns que les autres. 

J’imagine mal une tombe sur laquelle figureraient des inscriptions dénigrant le disparu. Et devant laquelle le cortège défilerait, égrenant les insultes et les reproches. 

Non, la disparition d’un être, qu’il soit proche ou non, qu’il soit cher à notre cœur ou pas, efface presque instantanément l’ardoise. Oubliés les reproches, les défauts, les manques, les à peu près, les souffrances. 

Mais doit-on absolument mourir pour que l’on ne retienne de nous que notre bon côté ? 

Non. Eloignez-vous, voyagez, revenez, repartez, ne faites que passer. Votre présence sera d’autant plus appréciée, et on ne retiendra de vous que le plaisir de vous avoir revu. Et c’est moins définitif. 

 

par Domi publié dans : j'écris communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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