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Dimanche 13 avril 2008


Quand mon homme fait un atelier terre avec les élèves du collège à la pause de midi, ou le pouvoir de l'imagination...




M'sieur, m'sieur, j'prends mon pied ! C'est plus cool que le français !


z'y va, m'sieur, il est féroce mon tyramosaure !


M'sieur, il vous plaît mon chat-tortue ?



M'sieur, m'sieur, vous vous reconnaissez ?

par Domi publié dans : au boulot communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Lundi 10 mars 2008

 

 

Le premier service dans lequel j’ai bossé en tant qu’aide soignante est un long séjour. Unité fermée, 20 patients, alzheimers, parkinsoniens, déments séniles. Quelques hommes, surtout des femmes. L’unité était dirigée à l’époque par Marie-Annick. Un petit bout de femme extraordinaire. Je n’ai su qu'elle était religieuse que par hasard, elle ne l’affichait pas. C’est une femme qui vivait en colocation avec d’autres religieuses de sa congrégation dans une HLM d’un quartier défavorisé. Avec vue sur la prison.

 

Dans cette unité, on pouvait faire des projets. Il fallait les mettre par écrit, fixer l’objectif, et les déposer deux semaines à l’avance.

 

Alors avec Xavier, l’animateur qui faisait là son service militaire en tant qu’objecteur de conscience, Domi, l’interne du service, et Géraldine, une autre aide-soignante, on a organisé un repas thérapeutique à la maison. Chez moi. Sur un jour de congé, bien sûr, pour ne pas désorganiser le service. Tout est parti d’une dame qui réclamait tous les jours de manger des frites. Et des moules. On a trouvé deux autres patients qui aimaient aussi les moules frites, et c’était parti.

 

Le matin du grand jour, on les emmène avec la camionnette aménagée du service. Direction le marché. On fait les courses tous ensemble. Puis la maison. Avec les trois fauteuils roulants. J’habitais au rez-de-chaussée, juste trois petites marches. Facile de porter les fauteuils roulants.

 

On se prépare le repas en prenant l’apéro, le gâteau au chocolat cuit dans le four. Les patients nous racontent plein d’anecdotes qui leur remontent du fin fond de leur mémoire à trous. Le fait d’être "à la maison" leur redonne une gaîté et une présence inhabituelles.

 

Dans l’après-midi, on a fait une balade en forêt, le chemin des dames qu’il s’appelait, le sentier. On a fait des photos.

 

Je les regarde souvent, quand je feuillette mes albums. Je sais que mademoiselle E., qui rêvait de frites, en a gardé longtemps quelques unes accrochées au mur dans sa chambre. Elle n’a parlé que de ça pendant de longues semaines. Pour monsieur P., il était bien trop avancé dans sa maladie pour s’en souvenir, mais sur le moment, il a bien apprécié, et a rarement mangé aussi proprement.

 

Ce qui m’agace aujourd’hui, c’est que je ne me souviens plus du nom de la troisième personne. Je sais sa pathologie, je sais qu’elle s’est souvenue longtemps de cette journée, mais j’ai perdu son nom et son prénom.

 

Et si c’était moi qui devenais alzheimer ? Ou sénile ? 

 

par Domi publié dans : au boulot communauté : Plaisirs d'écrire
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Mardi 26 février 2008

Vous savez tous que j’ai commencé un nouveau job lundi dernier. Dans un petit village à trois kilomètres de chez moi. Je pouvais difficilement faire plus près…

 

Le premier jour, la directrice me fait faire le tour du propriétaire, et me présente les autres employées. Je mets le mot au féminin, car le kiné, le seul de l’espèce mâle, n’était pas présent à ce moment là. Mais il a l’air d’un petit rigolo, je vous en parlerai à l’occasion.

 

Donc la directrice me présente, et il s’avère que trois des nanas habitent mon village. 

Bonjour. Non, on ne se connait pas, vous habitez où ?

 

Moi je vous connais, j’habite juste en face de chez vous dit M.

 

Moi aussi, j’habite la deuxième maison à votre droite enchaîne L.

 

D’accord ! Je suis passée pour une andouille. On habite quand même un village de mille deux cents habitants, c’est pas bien grand…

 

A ma décharge, M. vivait dans la partie arrière de sa maison jusqu'à il y a quelques mois. Depuis, elle a fait ouvrir la séparation sur une pièce donne sur notre rue. Elle rentre toujours chez elle par la rue de derrière. J’ai donc dû la croiser sans savoir que c’était ma voisine… Quand à L., idem. Je l’ai déjà croisée et saluée, mais ne l’ai pas reconnue dans sa tenue blanche… Quant à moi, j'habite dans une maison vigneronne dont aucune fenêtre ne donne sur la rue.

 

La troisième, c’est encore pire. On ne se connaissait pas. On était d’accord là dessus. Mais sa tête me disait quelque chose, et ça me mettait mal à l’aise. Après une après-midi à bosser ensemble, elle me parle de sa sœur jumelle, qui est caissière à l’hyper marché où je fais mes courses hebdomadaires.

 

Eurêka ! Mais oui ! Ca explique mon malaise ! Quand vous croisez pendant six ans un visage dans un lieu bien précis et que vous le retrouvez à l’identique ailleurs, ça perturbe… Parce que ce sont de vraies jumelles, avec même couleur de cheveux et même coupe.

 

Il faudra que je lui demande à l’occasion si elles n’ont pas envisagé un jour d’intervertir leur job, histoire de rigoler un peu…

 

par Domi publié dans : au boulot communauté : Plaisirs d'écrire
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Mercredi 20 février 2008


Vous êtes impatients de savoir comment je m’en sors dans mon nouveau job ? J’en étais sûre !

 

Ben voilà : après un matin, un soir, puis un matin (7-14 ou 14-21), j’ai appris une foultitude de petites choses concernant le fonctionnement de la maison. C’est ça qui est important. Parce que m’occuper des gens, ça je sais. J’ai dix années d’expérience dans les sabots. Mais dans chaque endroit, ce sont les habitudes des uns et des autres qui sont les plus difficiles à capter. Parce que y’en a beaucoup. Et même trop. Mais bon !

 

Donc chez nous (Je peux dire ça après seulement trois jours ?), on appelle les résidents par leur prénom. Eux font de même. De la directrice à la cuisinière, pas de nom de famille. Seulement moi, la nouvelle, je dois aussi apprendre les noms de famille. Donc deux fois plus de travail ! Mais c’est en bonne voie…

 

Les petits déj. En chambre le matin. La veilleuse a préparé le café, le lait, et fait chauffer une casserole d’eau chaude, sorti la plaque de beurre. A mis le panier avec les traitements sur le chariot. On met le tout dans le monte-charge, direction le premier étage. Sur le palier, une table, une armoire. Dans l’armoire, la boîte de cacao, le kilo de sucre en morceaux, les sucrettes, les sachets de tisane, les confitures en portions individuelles. Sous la table, une étagère avec les bols et les couverts. Affiché au mur, le détail de ce que chacun prend. Genre, morceau de beurre sur la biscotte de dessus, ou confiture… Puis service en chambre par deux, puisque chambres doubles. Faire attention à pas se mélanger les pinceaux avec les comprimés. Madame Machin à gauche, Madame Bidule à droite. Encore faut-il savoir qui est qui une fois dans la chambre ! Les noms sont notés sur la porte, sur les portes des armoires, mais pas sur le front des patients ! 
 

Pour les toilettes, pareil. Une tonne de petites manies. Mais je vais pas tout vous dévoiler aujourd’hui, sinon j’aurai plus rien à raconter…

 

Ah, j’oubliais ! Je suis déjà de repos pour cinq jours… Normalement je devais faire le W.E, mais la directrice a préféré que j’attende le prochain roulement dans trois semaines, quand je connaîtrai mieux la maison. Quand on est de W.E, on a repos le jeudi et le vendredi. Le lundi aussi. On ne reprend que le mardi. Donc Bibi peut faire la grasse mat jusqu’à la semaine prochaine… J’suis pas vernie ?


par Domi publié dans : au boulot communauté : Plaisirs d'écrire
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Lundi 18 février 2008


 

Familial, qu’elle m’avait dit. Ca, pour être familial, on peut pas dire. C’est presque comme à la maison. On met la table, on sert direct du plat dans les assiettes, on débarrasse les tables, on aide à essuyer la vaisselle, on met les lessives en route, on étend le linge.

 

J’oubliais ! On fait les toilettes des résidents et on les habille. Quand même ! Mais on appelle aussi le toubib si on le juge nécessaire, on le reçoit, on retranscrit ses ordonnances. Bref, on fait un peu de tout, un peu de rien. Comme à la maison, je vous dis…

 

C’étaient mes premières impressions. De ma première journée de travail.

 

 

par Domi publié dans : au boulot communauté : Plaisirs d'écrire
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